ALGÉRIA, une suite d'incantations parce que rien d'autre ne marche

Franck Dimech | Cie le Théâtre De Ajmer | Du 11 au 14 MAI 2017

ALGÉRIA, une suite d’incantations parce que rien d’autre ne marche

16/17, Théâtre, Performance

Note d’intention |

Appelons cela « performance » plutôt que « spectacle ».

Il s’agit d’une forme répétée dans l’urgence – à partir du texte de Kathy Acker, « Algéria, une suite d’incantations parce que rien d’autre ne marche » et des fragments de chansons de Blondie.

Ils sont quatre, deux femmes et deux hommes. La scène est un long couloir couleur rose jambon.
Une femme, la narratrice, parle, elle parlera beaucoup. En longues plaintes scandées comme de tristes transes, elle raconte son corps humilié, abîmé par les avortements, les baffes et les peines d’amours perdues.
Ici, on ne prononcera jamais « femme », on préfèrera dire « con ». Le texte de Kathy Acker commence par cela : « CON », signifiant de la femme.
La femme morfle. Les hommes aussi.
Et puis le discours de cette femme, de cette narratrice, de ce « con », se transforme, devient cosmique : elle s’identifie à des figures de la révolution algérienne.
L’autre, la seconde femme, le deuxième con, semble avoir été créée pour emmerder le premier. Une gale, une métastase.
A jardin une loge, un hors-champ. Un homme campe cet espace. Apparaît, disparaît. Vient scander des prières et des incantations.
Sur une petite scène surélevée dans un coin du théâtre se tient un musicien, travesti apathique qui enfile bière sur bière et exécute des morceaux de pop-punk sans ciller.
Shootée à Burroughs, à Sade et à Jean Genet, Kathy Acker est un ovni de la littérature américaine : une punk. Inadaptée, gouine, nymphomane, tatouée, jouisseuse, insatiable de violence et de peines, Kathy Acker – comme avant elle Büchner, Guyotat et Pasolini – plante une langue de fou dans la gorge des peuples oubliés, des colonisés, des sacrifiés, des torturés, des suicidés. Si elle n’est pas auteure de théâtre, Kathy Acker sait en revanche manier, compulsivement et avec génie, tous les outils de son temps qui s’offrent à elle pour raconter la fureur du monde.
Reagan et Thatcher régnaient. Ulrike Meinhof et Bobby Sands allaient bientôt mourir.

Franck DIMECH, février 2017.



Franck Dimech
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De 1992 à 2000, il dirige la compagnie LES FOULES DU DEDANS et alterne des mises en scène de textes et des projets personnels autour d’œuvres de Bernard Marie Koltès, Jean Luc Lagarce, Hervé Guibert, Edward Bond, August Strindberg et Anton Tchekhov.
En 2002, il fonde la compagnie LE THEATRE DE AJMER. Lauréat en 2001 et 2006 d’une bourse AFAA « Villa Médicis Hors les Murs », il développe des liens et des échanges avec des artistes et des lieux en Chine, à Taiwan et au Japon où il fait la connaissance de l’auteur et metteur en scène Hirata Oriza dont il réalisera, en 2007, au Théâtre National de Marseille la Criée, la première mise en scène française de la pièce Gens de Séoul 1919.
Depuis 2009, il se consacre principalement à la mise en scène de textes issus du répertoire européen montés en langues étrangères, notamment L’’Echange de Paul Claudel à Tokyo avec la compagnie japonaise SEINENDAN (2009), Jumel de Fabrice Dupuy à Taiwan (2010), Woyzeck de Georg Büchner à Taiwan, Pékin et Marseille (2011 et 2012), Preparadise Sorry Now de Fassbinder à Taïwan (2012), Les Ecorchés, d’après Marivaux et Sarah Kane au Théâtre National de Taipei, Taïwan (2014) et, récemment, Roberto Zucco de Bernard Marie Koltès au Festival International des Arts de Macao.Il travaille actuellement à l’écriture du triptyque Les Foules du Dedans composé de trois solos avec les actrices Anne- Claude Goustiaux, Peggy Péneau et CHOU Jung-Shih. En septembre 2016, il dirigera une master class sur « Quai Ouest » de Bernard-Marie Koltès en collaboration avec la Compagnie hongkongaise OnandOn, préfiguration du spectacle qu’il mettra en scène en juillet 2017.

Depuis 2012, il est régulièrement invité par des Universités et des Conservatoires d’Art Dramatique pour y enseigner la mise en scène et former de jeunes acteurs dans le cadre de productions (Aix- Marseille Université en 2012 et 2016, Université Montaigne de Bordeaux en 2012, Conservatoire National de Taïwan en 2012.)

Jeudi 11 Mai | 20h30
Vendredi 12 Mai | 20h30
Samedi 13 Mai | 20h30
Dimanche 14 Mai | 17h


 

 

Plein tarif | 12€
Chômeur, étudiant | 8€
Adhérent, RSA | 5€

Dossier de presse Cie le théâtre Adjmer |

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Critique du spectacle dans le Ventilo n°392 ( DU 10 au 23 Mai 2017) |

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Dates Du 11 au 14 Mai 2017
Durée 1h20


Auteur D'après Kathy Acker
Compagnie 
Production 


Mise en scène Franck Dimech
Assistant(e) à la m/e/s 
Interprétation Christophe CHAVE, Anne-Claude GOUSTIAUX, Peggy PENEAU et Franck DIMECH

Scénographie 
Création lumière 
Création costumes